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GLYPHOSATE

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1. QU'EST-CE QUE LE GLYPHOSATE ?

Le glyphosate est un herbicide non sélectif (ou « total », c’est-à-dire efficace sur l’ensemble des plantes) commercialisé depuis 1974 par la société américaine Monsanto, notamment sous sa forme de produit commercial « Roundup ». Depuis 2000, le brevet étant tombé dans le domaine public, cette substance est commercialisée par de nombreuses autres firmes.

Le glyphosate ou N-(phosphonométhyl)glycine est un acide organique faible, analogue d'un acide aminé naturel, la glycine, doté d'un groupement phosphonate. Souvent préparé sous forme de sel d’isopropylamine, on lui adjoint dans sa formulation commerciale un tensioactif ou surfactant (ex : POE-tallowamine) pour faciliter l’absorption du produit par la plante car seule, la molécule ne pénètre les feuilles que difficilement. Absorbé par les feuilles, il a une action systémique (c’est-à-dire généralisée) sur l’inhibition de la synthèse des acides aminés par la plante, ce qui entraine donc sa mort.

Utilisé par les professionnels (agriculteurs, collectivités) et les particuliers, il s’agit de l’herbicide le plus vendu au monde (650 000 tonnes de produits à base de glyphosate en 2011) et fait partie des deux substances phytosanitaires les plus utilisées (en tonnages) en France avec le soufre. Il s’agit du 1er désherbant utilisé par les 17 millions de jardiniers amateurs en France. Au total, 2000 tonnes sont utilisées par les particuliers et 8500 tonnes par les agriculteurs et autres professionnels. Aux Etats-Unis, il est utilisé notamment en lien avec les cultures génétiquement modifiées « Roundup Ready » pour être résistantes à cet herbicide, et représentant environ la moitié des surfaces agricoles.

2. QUELLES SONT LES CONTROVERSES ASSOCIÉES ?

Une alerte sanitaire et environnementale accrue depuis quelques années, notamment en raison des co-formulants utilisés ; un potentiel effet perturbateur endocrinien suspecté

  • Certaines études dont la méthodologie est très controversée montrent une corrélation entre augmentation de l’usage du glyphosate et l’incidence de certaines maladies :
    • Un phénomène de substitution de la glycine par le glyphosate (acide aminé analogue de la glycine) lors de la synthèse de certaines protéines humaines serait corrélé à un certain nombre de maladies chroniques, notamment les diabètes, obésité, l’asthme, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique). (Samsel & Seneff, 2016).
    • Une étude montre une corrélation entre augmentation de l’usage du glyphosate et incidence de la maladie cœliaque (Samsel & Seneff, 2013).
  • Globalement, les inquiétudes se concentrent sur une toxicité accrue du glyphosate en formulation commerciale par rapport à la molécule seule :
    • Une étude basée sur une cohorte réelle montre un lien entre glyphosate et un sous-type de lymphoma non-hodgkinien (Eriksson et al., 2008) (risque multiplié par 3).
    • Le glyphosate a été classé « probablement cancérogène pour l’homme » par le CIRC(Centre International de Recherche contre le Cancer) en mars 2015 dans sa formulation commerciale, sur la base d’études in vivo et in vitro.
    • Plusieurs scientifiques soulignent que la toxicité immédiate du glyphosate seul est relativement faible par rapport à celle du mélange glyphosate+adjuvant qui pourrait être toxique pour les cellules notamment lors de la division cellulaire en lien avec l’initiation de cancers (R. Bellé - Université Pierre-et-Marie-Curie, M. Kuntz - CNRS-CEA-INRA-Université de Grenoble)
    • Une étude a montré que le glyphosate, testé pour sa toxicité mais non pour ses effets sublétaux sur les microbes, aurait dans sa formulation commerciale (Roundup) un effet sur l’efficacité de certains antibiotiques et pourrait favoriser des phénomènes d’antibiorésistance (Kurenbach et al., 2015).
  • Au-delà des études antérieures sur des expositions à fortes doses, de nouvelles études soulèvent des effets toxicologiques avec une exposition à des doses faibles à la formulation commerciale du glyphosate :
    • Une exposition chronique au glyphosate dans sa formulation commerciale (Roundup) à une dose inférieure à la réglementation européenne sur le glyphosate aurait des effets sur le foie et les reins et pourrait s’adduire à l’ADN, phénomène qui pourrait jouer un rôle dans la carcinogénèse (Mesnage et al., 2015).
    • Des études montrent qu’à faible niveau d’exposition, le Roundup aurait un effet perturbateur endocrinien (Clair et al., 2011, Mesnage et al., 2015)
  • Des inquiétudes sur l’impact environnemental du glyphosate :
    • Le glyphosate et son principal produit de dégradation, l’AMPA (acide aminométhylphosphonique) sont les 2 pesticides les plus retrouvés dans les cours d’eau en France en 2013. L’AMPA est soupçonné d’être plus dangereux pour l’environnement que le glyphosate (demi-vie plus importante notamment).
    • L’augmentation de l’usage du glyphosate, notamment aux Etats-Unis avec les plantes génétiquement modifiées pour être tolérantes au glyphosate, a conduit à l’émergence de résistances de certaines mauvaises herbes, occasionnant notamment des pertes de rendement conséquentes. En France un 1er cas de résistance a été confirmé en 2007 (Inra Dijon).


Une réglementation en mouvement depuis le rapport du CIRC de 2015, des méthodologies et des mécanismes d’évaluation qui s’affrontent, un avenir incertain pour le glyphosate en Europe

  • Le CIRC, organe dépendant de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), a classé le glyphosate comme « probablement cancérogène pour l’homme » (groupe 2A) en mars 2015 sur la base d’études sur le glyphosate et sa formulation commerciale.
  • Une ré-autorisation du glyphosate au sein de l’Union Européenne sur fond de controverse scientifique :
    • Le glyphosate dispose d’une autorisation de commercialisation en Europe (annexe I de la directive 91/414/CE puis règlement 1107/2009/CE), avec des seuils de résidus fixés pour les denrées et pour l’alimentation animale, ainsi que pour l’eau (0.1 µg/L) et une dose journalière admissible fixée à 0.3 mg/kg de poids corporel / jour. Il est classé irritant pour les yeux et dangereux à long terme pour les organismes aquatiques.
    • Lors de la procédure de révision en 2012, son autorisation a été prolongée jusqu’en 2015, le temps que les entreprises fassent la demande de renouvellement de l’autorisation. Des retards dans l’évaluation par l’EFSA (European Food Safety Agency) ont conduit la Commission Européenne à prolonger l’autorisation jusqu’en juin 2016. Par la suite, le vote sur l’autorisation de la substance (pour 15 ans) ayant échoué, la Commission Européenne a décidé la prolongation de l’autorisation du glyphosate pour une période limitée de 18 mois, jusqu’à ce que l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) publie son avis sur les effets du glyphosate sur la santé et l’environnement, attendu au plus tard fin 2017.
    • L'EFSA a conclu en novembre 2015 dans son évaluation de la substance seule, qu’il est improbable que le glyphosate présente un caractère génotoxique ou cancérogène pour l’homme mais a néanmoins établi pour la première fois pour le glyphosate un seuil de sécurité toxicologique intitulé "dose aiguë de référence", de 0,5 mg/kg de poids corporel afin de renforcer les suivis des résidus de glyphosate dans l’alimentation.
    • En avril 2016, le Parlement européen a appelé à interdire le glyphosate dans les jardins et espaces verts publics et privés.
    • Le Joint Meeting on Pesticide Residues (JMPR), un comité affilié à la fois aux Nations Unies et à l’OMS a publié en mai 2016 un rapport affirmant que le glyphosate est "peu probablement génotoxique" et qu’il est "improbable que le glyphosate pose un risque cancérogène pour les humains, du fait de l’exposition par le régime alimentaire"
  • En France, des restrictions sur la vente aux particuliers et sur les co-formulants :
    • La Ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a annoncé vouloir interdire la vente en libre-service aux particuliers d’herbicides contenant du glyphosate. En juillet 2015, le Sénat a voté ce décret, avec une application à compter du 1er janvier 2017. Plus largement dans le cadre d’un amendement au projet de loi sur la transition énergétique a également été votée l’interdiction de vente des pesticides aux particuliers à compter de 2019.
    • En France, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a retiré en juin 2016 132 autorisations de produits associant la substance active glyphosate au co-formulant POE-Tallowamine. L'Anses avait conclu "qu'au vu du niveau de preuve limité à la fois chez l’animal et chez l’homme, le glyphosate ne peut être considéré comme cancérogène probable" mais avait identifié "un point de préoccupation concernant les co-formulants contenus dans les préparations à base de glyphosate, en particulier la POE-Tallowamine".
  • Certains pays européens ont restreint l’utilisation de produits associant du glyphosate :
    • Malte a annoncé vouloir interdire le glyphosate.
    • L'Italie a limité l'usage du glyphosate (retrait de 68 produits phytosanitaires en association avec le POE-Tallowamine).
  • Aux Etats-Unis, une réglementation moins exigeante, des résidus jusqu’ici quasiment non suivis
    • Le glyphosate est également utilisé aux Etats-Unis en pré-récolte.
    • L’EPA (Environmental Protection Agency) a conclu dans un rapport en juin 2015 qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes sur le caractère perturbateur endocrinien du glyphosate.
    • Dans le cadre du processus d’autorisation du glyphosate, l’EPA a classé le glyphosate comme « probablement non cancérogène pour l’homme » mais a annoncé vouloir compléter cette évaluation d’ici fin 2016.
    • Les seuils toxicologiques sont beaucoup moins exigeants que l’UE : seuil pour l’eau : 700 µg/L et DJA = 1.75 mg/kg de poids corporel / jour
    • La FDA (Food and Drug Administration) a annoncé en février 2016 qu’elle allait commencer à suivre les résidus de glyphosate dans les aliments afin de quantifier l’exposition des consommateurs.


Le glyphosate, focus n°1 de l’alerte sociétale sur les pesticides

  • Des campagnes virulentes des ONG en Europe et en France lors des phases d’évaluation du glyphosate en 2015 et 2016 :
    • En mars 2015, France Nature Environnement appelle à l’interdiction de la vente de glyphosate en zones agricoles et à revoir la classification du glyphosate dans la réglementation européenne, en mettant en avant l’avis du CIRC et le caractère potentiellement perturbateur endocrinien du glyphosate.
    • Suite à l’extension temporaire de l’autorisation du glyphosate, Greenpeace a appelé en juin 2016 la Commission Européenne a préparer un « plan de sortie du glyphosate », remettant notamment en cause la transparence sur le processus d’évaluation conduit par l’EFSA (basé notamment sur des études produites par les industriels, portant uniquement sur la substance seule) par rapport à celui conduit par le CIRC (études scientifiques publiques, transparence sur les experts, substance et produit commercial évalués). Greenpeace dénonce également « les liens avec l’industrie d’au moins deux des experts impliqués dans l’évaluation du JMPR ».
    • Suite au classement par le CIRC, Greenpeace Allemagne a classé le glyphosate classé dans sa blacklist des pesticides (sur un total de 520 substances actives autorisées par l’UE, 209 sont considérées dangereuses) dont 111 considérées dangereuses pour la santé humaine parmi lesquelles le glyphosate.
    • L'association écologiste Générations Futures a déposé une plainte pour tromperie aggravée le 18 mai 2016 auprès du Procureur de la République de Paris concernant les modes d’évaluation de la molécule. Pour Générations Futures, « l'agence allemande BfR chargée de l'évaluation de cette molécule, l’EFSA et les fabricants tels que Monsanto ont participé à donner une image exagérément sûre de ce produit ». L'association participe également à une plainte commune déposée avec cinq autres ONG, Global 2000, PAN Europe, PAN UK, Nature et Progrès Belgique et wemove.fr devant les juridictions allemandes à l'encontre du BfR, pour "déni des effets cancérogènes du glyphosate".
    • En 2013, l’ONG Friends of the Earth Europe a conduit des tests d’urine dans 18 pays européens montrant que 44 % de tous les échantillons contiennent des traces de glyphosate.
    • En 2016, une étude de l’Umwelt Institut de Munich a montré la présence de glyphosate dans les 14 marques de bières allemandes les plus populaires. En Suisse, un magazine de consommateurs a fait faire une étude montrant que le glyphosate apparait dans 40% des bières vendues en Suisse.

  • Aux Etats-Unis, une prise de conscience qui s’accélère sur les niveaux d’exposition au glyphosate :
    • En mars 2016, l’association Moms Across America lance une campagne de test de résidus dans les denrées. 10 vins californiens testés montrent la présence de glyphosate
    • Une analyse de miel par la FDA a conclu à la présence de pesticides dans tous les échantillons, parfois à un niveau 2 fois supérieur à celui autorisé dans l’Union Européenne.
    • Une analyse conduite par l’Université de Californie à San Francisco pour l’ONG « The Detox Project » a montré sur un échantillon de 131 personnes que 93% d’entre elles avaient des résidus de glyphosate dans leur corps, les enfants ayant le plus haut niveau moyen.
    • En mai 2016, une coalisation d’associations a remis 500,000 pétitions à l’EPA pour exiger le retrait du glyphosate aux Etats-Unis.

  • Une mobilisation citoyenne de très grande envergure contre le glyphosate et la décision européenne :
    • En avril 2016, un sondage YouGov mené auprès de 7000 citoyens dans les 5 plus gros pays européens a montré que les 2/3 de la population étaient en faveur d’une interdiction du glyphosate.
    • Une campagne d'Avaaz en juin 2016 a recueilli 1,4 million de signatures contre l'utilisation du glyphosate.

3. POSITIONNEMENT DE U

Compte tenu des attentes des consommateurs, des controverses sanitaires, sociétales et environnementales sur le sujet, U à éliminer de son offre MDD le Glyphosate depuis 2015 et au regard de ses convictions a souhaité aller plus loin stoppant la commercialisation des produits MN possédant cette molécule dés 2017.

4. SUBSTITUTION DU GLYPHOSATE

Le glyphosate présent dans les produits en Marque U a été remplacé par une substance naturelle aux effets herbicide, l’acide pélargonium entrant dans la catégorie des produits phytosanitaire de biocontroles.